...un peuple conquérant envahit le monde connu. Ces créatures affreuses n'étaient rien d'autre que des harpies sanguinaires, rageuses et dominatrices. Leur seul désir était d'assouvir, de tuer, de dominer toutes formes de vies.
Un siècle se passa avant qu'enfin, deux courageuses guerrières firent leur apparition. Elles naquirent dans une ville du nom de Therginum castrum, dans les environs de 1330 après J.C., contrôlé par des bandits de bas étages. Les deux jeunes personnes étaient séparées de trois ans mais leur amitié semblait les lier depuis la nuit des temps. Nous pourrions croire qu'elles étaient liées par le sang. Et ce fut le cas plus tard.
Tandis que Lou allait fêter son vingtième anniversaire, Diane la prévint d'un grand malheur. Les bandits avaient pactisés avec les harpies: tandis qu'ils leurs fourniraient de la chaire humaine, elles leurs promettaient richesse et protection. Diane, révolté par cette situation insupportable, se mit en tête de tuer les bandits. Malgré sa droiture justicière, son impartialité, elle voulait agir de manière ferme et irrévocable. Lou, qui était plus de nature impulsive et égoïste n'y trouvait rien à redire. De toute façon, il n'y avait pas à discuter. Et même si elle s'était tentée à un débat sur le pour et le conte, elle se serait pris un coup de poing, et aurait été obligée de suivre son amie, afin de la protéger, et de l'aider surtout. C'est ainsi que les deux jeunes guerrières choisir la date du 31 octobre au soir, pour assassiner les bandits.
Alors lorsque que les douze coups de minuit retentirent par la voix la cloche des églises, Diane et Lou s'introduisirent dans le petit château du centre ville. Munis de leurs épées et poignards, elles tuèrent un par un les soldats et les sous-chefs. C'est alors qu'elles se retrouvèrent pour la première fois face à une de ces créatures d'épouvantes, ailée et puissante. D'un coup d'aile, elle les projeta loin en arrière. Zarkmarn, tyran de la ville, s'enfuit par une porte dérobée, bien caché derrière une tapisserie. Diane sortit son épée et partit à sa poursuite tandis que Lou se chargea de la harpie. Manque de chance, ces dernières, peu expérimentées, furent l'une, projetée par la fenêtre, et la seconde, touchée à l'épaule. Et en fin de compte, la harpie put rentrer chez elle et Zarkmarn se cacha.
Le lendemain matin, malgré la fuite de la harpie et de Zarkmarn, les deux jeunes filles furent acclamées par les gens de la ville.
Une semaine passa, et un nouveau seigneur s'installa en ville. Il était bon avec le peuple. Son maitre d'armes, apprit la nouvelle de l'héroïsme des deux jeunes filles. Quand il alla les voir, il leur rit au nez. Il s'étonna de voir deux gamines tenir des épées, et essayer de rétablir la justice. Lou qui n'était pas d'un caractère tendre l'envoya bouler. Elle lui expliqua pourquoi elles s'étaient décidées à agir: pour sauver des vies humaines, et libérer le peuple du joug des bandits mais aussi des harpies. Écoutant attentivement l'histoire, il remarqua les blessures des deux jeunes personnes. Diane observant son jeu, elle cacha son épaule en écharpe.
- Vous n'avez pas à voir nos déboires.
- Est-il vrai que vous êtes s½urs?
- Non, répondit Lou sèchement.
Le maitre d'armes se mit à réfléchir.
- Mais désormais, si je vous dis que de part votre courage mutuel, vous êtes devenues s½urs de sang, cela vous suffira pour que vous deveniez mes disciples?
- Euh...j'ai pas bien compris, s'exprima Lou.
D'une famille de simples bergers, elle n'avait reçu qu'une éducation rétreinte. Diane, issue d'une famille de commerçants, lui avait appris à lire et à écrire, à aimer la lecture. Lou, quand à elle, lui avait appris à monter à cheval à la manière des hommes, à tenir un couteau, une épée et même à sortir de ses gonds quand il était nécessaire.
-En clair, il nous flatte de manière charmante, je dois dire, afin que nous acceptions d'être ses élèves et blablabla, expliqua Diane.
Le maitre d'armes s'interloqua.
- Permettez-moi de vous reprendre jeune fille. Vous êtes liées depuis votre enfance, vous êtes deux éléments complémentaires, et depuis que vous avez combattus ensemble, vous êtes s½urs de sang.
- Ouais, dit Lou en le regardant, non convaincue. Et pis d'abord, vous êtes qui?
- Je suis le chevalier de la Mandragore.
- De la Mandragore? s'interrogea Diane.
- C'est pas une racine?
- Ouais, entre autre.
Diane, se leva, fit le tour du chevalier, le regarda de haut en bas, et lui fit face.
- D'où tenez-vous ce nom, Monsieur?
- De mes parents.
- Réponse débile, s'énerva Lou, en se levant à son tour, se dirigeant vers la fenêtre et lui tournant le dos.
- Ce n'est pas avec le dédain que vous m'impressionnerez mademoiselle.
Elle tourna la tête délicatement en sa direction. La lumière venue de dehors, illumina ses yeux d'un jaune dorée. Il sentit un frisson. Diane le fixait toujours.
- Bon, ce n'est pas que vous nous ennuyez, mais nous devons partir Monsieur, reprit Diane.
- Où partez-vous?
- Dans le nord de la France, j'y ai de la famille.
- Et pourquoi partir?
- On a beau être douée pour faire peur aux méchants, on n'est quand même pas foutu de les zigouiller correctement.
Diane regarda Lou de manière grave.
- Quoi. J'ai dis une connerie.
- Non, c'est juste que je t'avais appris à résumer de manière plus séduisante.
- Oh tu me fais une gueule juste pour ça? Oh bah c'est bon, y a pas mort d'homme.
Le chevalier retint un fou-rire. Diane le regarda méchamment.
- Si ce monsieur veut bien nous laisser maintenant, nous avons bien mieux à faire.
Diane, le congédia aussi sec. Lou jubilait de la voir aussi agressive.
- Arrête de baver Lou.
- Pardon.
- Non, pas de pardon. Tu parles toujours aussi crument, on dirait une bouzeuse.
- Ouais, mais en attendant, c'est pas moi qui vient de j'ter ce pauvre gars!
- Mais, t'as vu comme il se moque ouvertement. Il ne nous donne même pas son véritable nom.
- Bah si, il l'a dit. C'est le Chevalier de la Mandragore.
- Ce chevalier vivait il y a 150 ans! Et il n'y a aucune descendance.
- Euh, j'ai pas suivis la...
- Je te montrerai un bouquin demain. Pour l'instant, nous avons rendez-vous avec notre banquier.
- Pourquoi faire?
- Je te signal que nous avons touché une prime pour notre courage.
- Ah, ouais. Ouais. Bon, bah on y va alors.
Les deux filles sortirent alors, habillées en dames, rejoindre leur banquier au coin de la rue, tout près de leur logis.
- Bon, sinon, que va-t-on dire à ton père? Déjà que tu as refusé le mariage avec ce Gontrand le mois dernier, que t'as risqué ta vie y a pas longtemps, tu vas lui annoncer ton départ. Tu trouves pas que tu charges un peu la mule?
- Père ne fera pas de caprice. Il m'aime beaucoup tu sais.
- Ouais, mais t'es sa seule fille. Et que vont penser les gens?
- Ils n'ont qu'à aller commérer, je ne m'en porterai pas plus mal.
- Bien sur, mais tes parents?
- Ils n'auront qu'à me faire une scène. Un valet passant par la, écoutera, et annoncera à la populace, que mes parents me renient. Alors que non, ils me laisseront partir.
- Oui...c'est cela. Tu penses vraiment qu'ils suivre ton plan? Ils ne te laisseront pas partir à l'aventure comme ça.
- Ne t'inquiète pas mon amie, bientôt, nous serons en route.
Les deux amies rentrèrent dans le logis du banquier, précédées du valet de Monsieur.
Ce soir la, Lou surpris dans une taverne infâme, une conversation importante pour l'avenir de Diane. Un jeune seigneur arrogant et puant s'était arrangé pour persuader le père de Diane, d'annoncer leurs épousailles, dans les plus brefs délais. Et que si la damoiselle s'y refusait, elle ne pourrait y porter atteinte. Heureusement pour elle, Lou écouta et s'empressa d'aller quérir la jeune concernée.
- Oh, fit-elle d'une voix basse du bas de la maison.
Diane, l'entendit malgré les volets fermés.
- Que me veux-tu?
Elle pleurait.
- J'ai appris la nouvelle. Je t'ai apporté des trucs.
En effet sa compère n'était pas venue les mains vides. Une corde, un baluchon, des vêtements d'homme, une cape et une épée l'attendait en bas.
- Si tu te grouille pour prendre quelques affaires, on pourra s'en aller rapidement.
- Mais je ne peux partir comme cela. Et pis mes parents....
- Au diable tes parents. Ce Gontrand c'est qu'un goujat qui te fera souffrir. Et si tu veux pas qu'il te ruine, t'as intérêt à te bouger vite faite bien fait.
Sur ces paroles, Diane reprit du poil de la bête. Elle appela sa mère, lui exprimant son besoin de sommeil pressant, et qu'on ne la dérangeât point jusqu'au matin. Sa mère en fut ravie, ne se doutant point de la fuite imminente de sa fille. Diane lui donna un dernier baiser d'adieu. Puis, elle sortit de la chambre.
S'empressant sans faire de bruit, elle regroupa gourde, vestes, culotte et chausses d'hommes qu'elle avait récupérés, et les plaça dans un petit sac de cuirs. Elle prit sa petite lame, et un vieux chapeau chiné un jour de marché.
- Lance-moi la corde.
Lou lança juste, et ainsi diane put sans difficultés, descendre.
Soudain, un bruit venu du fond de la rue les obligea à se cacher dans une ruelle sombre. Ayant laissé des affaires à l'emplacement originel, elles crurent être démasquées. Mais heureusement pour elles, il ne s'agissait que d'un clochard perdu. Il ne remarqua pas les sacs. Une fois disparu, elles allèrent chercher les dernières affaires, et se mirent en chemin.
-Nous devons quitter la ville cette nuit. Demain matin, quand tes parents découvriront ta disparition, ils voudront te retrouver au plus vite. Nous devons donc brouiller les pistes. Viens avec moi.
S'étant vêtu en homme, elles entrèrent dans cette même taverne où Lou appris la nouvelle du mariage. Puis elles s'installèrent dans un coin, prenant un verre, quelques sales et horriblement disgracieux. Elles se mirent à parler bas, comme pour organiser un plan d'évasion. Lou savait que les murs étaient truffés d'oreilles indiscrètes.
- Demain matin, nous aurons atteint la région de Riom à cheval. Pour cela, j'ai pensé louer des chevaux au vieux père Bridard. En plus, il me doit un service.
- Je te suis alors.
Une fois leur godets terminés, elle prirent congé de ce lieu crasseux, et allèrent chez ce loueur de chevaux. Lou ne s'étonna point qu'il fut ouvert à une heure si tardive.
- Oh, jeune damoiselle, quel plaisir de vous revoir ici.
- Arrête tes scènes Jehan, on a besoin de deux beaux chevaux, et pas de canassons. Tu m'as déjà roulé une fois, je ne m'y reprendrai pas.
- Oui mais c'est-à-dire que je n'ai plus aucun cheval.
Lou sortit sa lame.
- Et la, tes chevaux sont-ils pas à notre disposition?
- Ah si si, et je vous les vends si vous voulez.
C'est ainsi que l'affaire fut conclue. Elles scellèrent leurs destriers, et se mirent enfin en chemin.
- Tu n'as pas peur qu'un fouinard, ayant entendu notre conversation, alla prévenir mes parents au plus vite?
- Non, ils attendront demain matin, pour aller porter l'heureuse nouvelle. Sauf si l'un de ces pouilleux est un sbire de ce Gontrand. Je crains que le jeune fiancé, ne veuille récupérer sa donzelle.
-On doit vite partir alors.
-Suis-moi. Je connais un chemin où il est facile de brouiller les pistes.
Prenant direction Riom, elles furent suivi un moment, jusqu'à ce qu'elles arrivent à un sous bois sombre, par lequel la route passait. Elles coupèrent aussi sec, s'arrêtant un moment afin de ne pas faire de bruits, regardant de loin, passer leurs poursuivants, sans qu'ils se doutent de leur déroute.
Attendant dix minutes encore pour être sûr, elles se décidèrent à prendre le chemin de la ville de Saint-Chély-D'apcher, où les attendait de vieilles connaissances de Lou.
Un siècle se passa avant qu'enfin, deux courageuses guerrières firent leur apparition. Elles naquirent dans une ville du nom de Therginum castrum, dans les environs de 1330 après J.C., contrôlé par des bandits de bas étages. Les deux jeunes personnes étaient séparées de trois ans mais leur amitié semblait les lier depuis la nuit des temps. Nous pourrions croire qu'elles étaient liées par le sang. Et ce fut le cas plus tard.
Tandis que Lou allait fêter son vingtième anniversaire, Diane la prévint d'un grand malheur. Les bandits avaient pactisés avec les harpies: tandis qu'ils leurs fourniraient de la chaire humaine, elles leurs promettaient richesse et protection. Diane, révolté par cette situation insupportable, se mit en tête de tuer les bandits. Malgré sa droiture justicière, son impartialité, elle voulait agir de manière ferme et irrévocable. Lou, qui était plus de nature impulsive et égoïste n'y trouvait rien à redire. De toute façon, il n'y avait pas à discuter. Et même si elle s'était tentée à un débat sur le pour et le conte, elle se serait pris un coup de poing, et aurait été obligée de suivre son amie, afin de la protéger, et de l'aider surtout. C'est ainsi que les deux jeunes guerrières choisir la date du 31 octobre au soir, pour assassiner les bandits.
Alors lorsque que les douze coups de minuit retentirent par la voix la cloche des églises, Diane et Lou s'introduisirent dans le petit château du centre ville. Munis de leurs épées et poignards, elles tuèrent un par un les soldats et les sous-chefs. C'est alors qu'elles se retrouvèrent pour la première fois face à une de ces créatures d'épouvantes, ailée et puissante. D'un coup d'aile, elle les projeta loin en arrière. Zarkmarn, tyran de la ville, s'enfuit par une porte dérobée, bien caché derrière une tapisserie. Diane sortit son épée et partit à sa poursuite tandis que Lou se chargea de la harpie. Manque de chance, ces dernières, peu expérimentées, furent l'une, projetée par la fenêtre, et la seconde, touchée à l'épaule. Et en fin de compte, la harpie put rentrer chez elle et Zarkmarn se cacha.
Le lendemain matin, malgré la fuite de la harpie et de Zarkmarn, les deux jeunes filles furent acclamées par les gens de la ville.
Une semaine passa, et un nouveau seigneur s'installa en ville. Il était bon avec le peuple. Son maitre d'armes, apprit la nouvelle de l'héroïsme des deux jeunes filles. Quand il alla les voir, il leur rit au nez. Il s'étonna de voir deux gamines tenir des épées, et essayer de rétablir la justice. Lou qui n'était pas d'un caractère tendre l'envoya bouler. Elle lui expliqua pourquoi elles s'étaient décidées à agir: pour sauver des vies humaines, et libérer le peuple du joug des bandits mais aussi des harpies. Écoutant attentivement l'histoire, il remarqua les blessures des deux jeunes personnes. Diane observant son jeu, elle cacha son épaule en écharpe.
- Vous n'avez pas à voir nos déboires.
- Est-il vrai que vous êtes s½urs?
- Non, répondit Lou sèchement.
Le maitre d'armes se mit à réfléchir.
- Mais désormais, si je vous dis que de part votre courage mutuel, vous êtes devenues s½urs de sang, cela vous suffira pour que vous deveniez mes disciples?
- Euh...j'ai pas bien compris, s'exprima Lou.
D'une famille de simples bergers, elle n'avait reçu qu'une éducation rétreinte. Diane, issue d'une famille de commerçants, lui avait appris à lire et à écrire, à aimer la lecture. Lou, quand à elle, lui avait appris à monter à cheval à la manière des hommes, à tenir un couteau, une épée et même à sortir de ses gonds quand il était nécessaire.
-En clair, il nous flatte de manière charmante, je dois dire, afin que nous acceptions d'être ses élèves et blablabla, expliqua Diane.
Le maitre d'armes s'interloqua.
- Permettez-moi de vous reprendre jeune fille. Vous êtes liées depuis votre enfance, vous êtes deux éléments complémentaires, et depuis que vous avez combattus ensemble, vous êtes s½urs de sang.
- Ouais, dit Lou en le regardant, non convaincue. Et pis d'abord, vous êtes qui?
- Je suis le chevalier de la Mandragore.
- De la Mandragore? s'interrogea Diane.
- C'est pas une racine?
- Ouais, entre autre.
Diane, se leva, fit le tour du chevalier, le regarda de haut en bas, et lui fit face.
- D'où tenez-vous ce nom, Monsieur?
- De mes parents.
- Réponse débile, s'énerva Lou, en se levant à son tour, se dirigeant vers la fenêtre et lui tournant le dos.
- Ce n'est pas avec le dédain que vous m'impressionnerez mademoiselle.
Elle tourna la tête délicatement en sa direction. La lumière venue de dehors, illumina ses yeux d'un jaune dorée. Il sentit un frisson. Diane le fixait toujours.
- Bon, ce n'est pas que vous nous ennuyez, mais nous devons partir Monsieur, reprit Diane.
- Où partez-vous?
- Dans le nord de la France, j'y ai de la famille.
- Et pourquoi partir?
- On a beau être douée pour faire peur aux méchants, on n'est quand même pas foutu de les zigouiller correctement.
Diane regarda Lou de manière grave.
- Quoi. J'ai dis une connerie.
- Non, c'est juste que je t'avais appris à résumer de manière plus séduisante.
- Oh tu me fais une gueule juste pour ça? Oh bah c'est bon, y a pas mort d'homme.
Le chevalier retint un fou-rire. Diane le regarda méchamment.
- Si ce monsieur veut bien nous laisser maintenant, nous avons bien mieux à faire.
Diane, le congédia aussi sec. Lou jubilait de la voir aussi agressive.
- Arrête de baver Lou.
- Pardon.
- Non, pas de pardon. Tu parles toujours aussi crument, on dirait une bouzeuse.
- Ouais, mais en attendant, c'est pas moi qui vient de j'ter ce pauvre gars!
- Mais, t'as vu comme il se moque ouvertement. Il ne nous donne même pas son véritable nom.
- Bah si, il l'a dit. C'est le Chevalier de la Mandragore.
- Ce chevalier vivait il y a 150 ans! Et il n'y a aucune descendance.
- Euh, j'ai pas suivis la...
- Je te montrerai un bouquin demain. Pour l'instant, nous avons rendez-vous avec notre banquier.
- Pourquoi faire?
- Je te signal que nous avons touché une prime pour notre courage.
- Ah, ouais. Ouais. Bon, bah on y va alors.
Les deux filles sortirent alors, habillées en dames, rejoindre leur banquier au coin de la rue, tout près de leur logis.
- Bon, sinon, que va-t-on dire à ton père? Déjà que tu as refusé le mariage avec ce Gontrand le mois dernier, que t'as risqué ta vie y a pas longtemps, tu vas lui annoncer ton départ. Tu trouves pas que tu charges un peu la mule?
- Père ne fera pas de caprice. Il m'aime beaucoup tu sais.
- Ouais, mais t'es sa seule fille. Et que vont penser les gens?
- Ils n'ont qu'à aller commérer, je ne m'en porterai pas plus mal.
- Bien sur, mais tes parents?
- Ils n'auront qu'à me faire une scène. Un valet passant par la, écoutera, et annoncera à la populace, que mes parents me renient. Alors que non, ils me laisseront partir.
- Oui...c'est cela. Tu penses vraiment qu'ils suivre ton plan? Ils ne te laisseront pas partir à l'aventure comme ça.
- Ne t'inquiète pas mon amie, bientôt, nous serons en route.
Les deux amies rentrèrent dans le logis du banquier, précédées du valet de Monsieur.
Ce soir la, Lou surpris dans une taverne infâme, une conversation importante pour l'avenir de Diane. Un jeune seigneur arrogant et puant s'était arrangé pour persuader le père de Diane, d'annoncer leurs épousailles, dans les plus brefs délais. Et que si la damoiselle s'y refusait, elle ne pourrait y porter atteinte. Heureusement pour elle, Lou écouta et s'empressa d'aller quérir la jeune concernée.
- Oh, fit-elle d'une voix basse du bas de la maison.
Diane, l'entendit malgré les volets fermés.
- Que me veux-tu?
Elle pleurait.
- J'ai appris la nouvelle. Je t'ai apporté des trucs.
En effet sa compère n'était pas venue les mains vides. Une corde, un baluchon, des vêtements d'homme, une cape et une épée l'attendait en bas.
- Si tu te grouille pour prendre quelques affaires, on pourra s'en aller rapidement.
- Mais je ne peux partir comme cela. Et pis mes parents....
- Au diable tes parents. Ce Gontrand c'est qu'un goujat qui te fera souffrir. Et si tu veux pas qu'il te ruine, t'as intérêt à te bouger vite faite bien fait.
Sur ces paroles, Diane reprit du poil de la bête. Elle appela sa mère, lui exprimant son besoin de sommeil pressant, et qu'on ne la dérangeât point jusqu'au matin. Sa mère en fut ravie, ne se doutant point de la fuite imminente de sa fille. Diane lui donna un dernier baiser d'adieu. Puis, elle sortit de la chambre.
S'empressant sans faire de bruit, elle regroupa gourde, vestes, culotte et chausses d'hommes qu'elle avait récupérés, et les plaça dans un petit sac de cuirs. Elle prit sa petite lame, et un vieux chapeau chiné un jour de marché.
- Lance-moi la corde.
Lou lança juste, et ainsi diane put sans difficultés, descendre.
Soudain, un bruit venu du fond de la rue les obligea à se cacher dans une ruelle sombre. Ayant laissé des affaires à l'emplacement originel, elles crurent être démasquées. Mais heureusement pour elles, il ne s'agissait que d'un clochard perdu. Il ne remarqua pas les sacs. Une fois disparu, elles allèrent chercher les dernières affaires, et se mirent en chemin.
-Nous devons quitter la ville cette nuit. Demain matin, quand tes parents découvriront ta disparition, ils voudront te retrouver au plus vite. Nous devons donc brouiller les pistes. Viens avec moi.
S'étant vêtu en homme, elles entrèrent dans cette même taverne où Lou appris la nouvelle du mariage. Puis elles s'installèrent dans un coin, prenant un verre, quelques sales et horriblement disgracieux. Elles se mirent à parler bas, comme pour organiser un plan d'évasion. Lou savait que les murs étaient truffés d'oreilles indiscrètes.
- Demain matin, nous aurons atteint la région de Riom à cheval. Pour cela, j'ai pensé louer des chevaux au vieux père Bridard. En plus, il me doit un service.
- Je te suis alors.
Une fois leur godets terminés, elle prirent congé de ce lieu crasseux, et allèrent chez ce loueur de chevaux. Lou ne s'étonna point qu'il fut ouvert à une heure si tardive.
- Oh, jeune damoiselle, quel plaisir de vous revoir ici.
- Arrête tes scènes Jehan, on a besoin de deux beaux chevaux, et pas de canassons. Tu m'as déjà roulé une fois, je ne m'y reprendrai pas.
- Oui mais c'est-à-dire que je n'ai plus aucun cheval.
Lou sortit sa lame.
- Et la, tes chevaux sont-ils pas à notre disposition?
- Ah si si, et je vous les vends si vous voulez.
C'est ainsi que l'affaire fut conclue. Elles scellèrent leurs destriers, et se mirent enfin en chemin.
- Tu n'as pas peur qu'un fouinard, ayant entendu notre conversation, alla prévenir mes parents au plus vite?
- Non, ils attendront demain matin, pour aller porter l'heureuse nouvelle. Sauf si l'un de ces pouilleux est un sbire de ce Gontrand. Je crains que le jeune fiancé, ne veuille récupérer sa donzelle.
-On doit vite partir alors.
-Suis-moi. Je connais un chemin où il est facile de brouiller les pistes.
Prenant direction Riom, elles furent suivi un moment, jusqu'à ce qu'elles arrivent à un sous bois sombre, par lequel la route passait. Elles coupèrent aussi sec, s'arrêtant un moment afin de ne pas faire de bruits, regardant de loin, passer leurs poursuivants, sans qu'ils se doutent de leur déroute.
Attendant dix minutes encore pour être sûr, elles se décidèrent à prendre le chemin de la ville de Saint-Chély-D'apcher, où les attendait de vieilles connaissances de Lou.